Les femmes dans nos mémoires

L’humanité a une longue histoire n’est ce pas ?  Les évènements historiques importants qui ont marqué nos civilisations sont connus depuis des générations. Ils font parti de notre culture générale. Or, pour une grande majorité de la population, notamment les femmes,  leur histoire me paraît plus sommaire. La place des femmes dans l’Histoire est une question récente, un sujet de discussion de notre période contemporaine. Ma première question est donc la suivante : Où étaient les femmes à travers l’Histoire ? 

Je n’ai pas besoin de dire que les femmes ont toujours existé. Toutefois, ce qu’elles ont fait, ce qu’elles ont dit, leurs actions, leurs ambitions, leur progression, leurs erreurs sont des questions laissées sans réponses dans plusieurs récits historiques. Est-ce que leur absence dans ces récits est causé par le fait qu’il y a peu à dire, ou peu à explorer et encore moins à enseigner ? Bien sur que non. Leur absence est un choix. 

Prenons un moment pour penser à nos cours d’histoire. Si les femmes étaient mentionnées, elles étaient probablement reines,  princesses, femmes ou filles d’un homme puissant. Elles étaient utilisées pour les intérêts des hommes dans leurs ambitions. Nous avons ignoré les femmes au profit de connaissances sur les actions et progrès des hommes au fil du temps. Bien entendu, nous savons depuis plusieurs décennies que l’Histoire a été écrite par les vainqueurs, les conquérants. Les minorités au sein des Etats ont dû se battre contre l’Histoire officielle d’une société afin que leurs voix soient entendues et afin de s’assurer que leurs expériences soient connues. 

Je m’appuie sur mes recherches, effectuées au cours de mon mémoire l’année dernière pour mon master “Global history and international relations” à l’université de Rotterdam. J’ai analysé la manière par laquelle nous avons perpétué la mémoire des évènements, des personnes du passé et l’impact de ces mémoires sur la société d’aujourd’hui. Ma recherche portait sur les mémoires contestées dans l’espace public comparant deux cas d’étude en France et en Espagne. Ces cas d’études m’ont permis d’explorer les mémoires de l’esclavage à travers les figures célébrées dans l’espace public en France ainsi que les mémoires du régime de Franco commémorés dans des statues et autres objets publics en Espagne. En analysant l’espace public de chaque pays, j’ai progressivement réalisé à quel point les représentations du passé, les mémoires du passé et les récits historiques ont considérablement ignorés des groupes de personnes et leurs mémoires. 

Peu de temps après la fin de l’écriture de mon mémoire, j’ai commencé à m’intéresser à toutes les mémoires qui ont été ignorées par les récits historiques. L’oeuvre Ni vues, ni connues publiée en 2017 par le collectif Georgette Sand, a été l’élément déclencheur dans mon intérêt pour les mémoires liées aux femmes. Cet ouvrage  introduit plusieurs portraits de femmes, issues de périodes historiques différentes et de domaines d’activités variées. Ces femmes ont toutes en commun le fait d’avoir été invisibilisées dans les récits historiques.  C’est au cours de la lecture de cette oeuvre que j’ai appris à connaître le processus d’invisibilisation.

En faisant le lien entre mes recherches et cette notion de visibilité, je souhaite m’intéresser davantage aux mémoires et leur impact sur nos sociétés d’aujourd’hui. Si l’absence de certaines mémoires dans l’espace public provoque des contestations, mais aussi si les invisibilisés ont enfin la possibilité d’avoir des espaces dans lesquels explorer leur passé, alors peut-être l’histoire comme nous l’enseignons mérite aussi d’être mise à jour. 

Quand nous évoquons le passé, quand nous l’enseignons, quand nous nous en souvenons, nous devrions autoriser plusieurs points de vue. Les mémoires du passé, l’enseignement de l’histoire, les représentations culturelles, notre patrimoine ont une influence sur nos interactions sociales actuelles. Ils sont un choix. L’histoire comme nous l’enseignons aujourd’hui est un choix. Les invisibilisées ont besoin d’être choisies. Elles ont besoins d’être choisies en cours de français, en cours de philosophie, en cours d’art plastique, dans les musées, dans les films, dans les livres d’histoire, dans les espaces publics, etc…

Pourquoi ? Parce que nous avons besoin, dans nos sociétés, de tirer des leçons de l’Histoire. Les leçons n’ont pas besoin d’être seulement à propos des victoires de guerres, des conquérants de territoires, des discussions philosophiques d’hommes de lettres…. Quelles leçons, de figures féminines importantes ou d’actions et d’opinions de femmes dans l’histoire sommes nous passées à côté ? 

Ce site est dédié aux femmes. Il s’intègre dans le context actuel avec l’objectif de faire parti des nouvelles actions pour visibiliser les femmes de l’histoire. Ce site souhaite faire des liens entre les femmes du passé et les femmes du présent. En effet, je crois fortement qu’il est nécessaire de créer des femmes dans nos mémoires afin d’encourager et d’atteindre, notamment, l’égalité sociale, culturelle et politique entre les femmes et les hommes. 

Ce site sera divisé en plusieurs sections. Dans une première section, je dédierai cet espace à la recherche de femmes qui ont marqués des villes, et plus généralement des endroits autour du monde. Une autre rubrique sera à propos des dates importantes, l’occasion de se remémorer certaines initiatives entreprises par des femmes du passé. Dans une autre section, la recherche des femmes qui ont eu un impact important dans des domaines spécifiques sera l’opportunité de célébrer leur travail et leurs contributions à nos sociétés d’aujourd’hui. Plus généralement, je partagerai l’histoire des femmes à différents moments de l’histoire. Enfin, dans une dernière section, mon objectif est de transmettre les différentes manières avec lesquelles nous pouvons garder les femmes du passé dans nos mémoires.

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